Nathan

J’me rappelle des promenades que l’on faisait souvent. Ma grande soeur, mes deux frères et moi, serrés à l’arrière de la vieille Renault 12 de mon père. À l’époque, la ceinture ce n’était pas très important comme la fumée des gitanes sans filtre que mon père fumait les vitres fermées. C’est comme si tout le monde était prédestiné à mourir du cancer des poumons. Presque collé à la vitre, mes expirations faisaient de la buée. C’était des moments de vie, mes moments vivants. Comme quand ma soeur me surprenait à essayer ses robes et qu’elle ne disait rien à nos parents. Peut-être qu’elle s’en fichait ou peut-être qu’elle savait qui j’étais vraiment. Ma soeur rigolait, c’était rare de la voir sourire alors nos moments à deux resteront certainement mes plus beaux souvenirs. À l’école on disait que j’étais maniéré et que je ne devais pas exister. Alors parfois pour oublier, je descendais en bas de chez moi pour m’installer dans la Renault. Je m’allongeais à l’arrière et je fixais le ciel, les nuages voulaient jouer avec moi jusqu’à ce que la tête de ma soeur apparaisse dans le ciel. C’était déjà l’heure du dîner. Trente-cinq années de dîner, parfois souvent seul. Je me trouve assis là sur cette chaise qui ne paye pas de mine, dans un appartement presque en ruine mais pas autant que mes yeux, qui ont trop pleurés. Savez-vous ce que devient un gamin préférant rêver sa vie plutôt que de vivre ses rêves ? Rien, il ne devient rien. Pour survivre, je travaille la nuit dans un club. Alors oui je me maquille mais les robes ne ressemblent pas à celles de ma soeur. C’était drôle de voir les changements d’humeur. Le soir on t’applaudit, le lendemain on te choisit un cercueil. Les insultes, les « sale pédé », étaient mon quotidien. Et je n’avais même pas de voiture pour regarder les nuages. Alors je me suis approché de la fenêtre, j’étais au cinquième étage et je m’disais que si je sautais les gens seraient satisfaits. Et quand j’ai vu le sol de plus près, j’ai pensé à ma soeur. À la seule personne qui m’a fait croire que je n’étais pas seul. Pour de vrai aujourd’hui je joue avec les nuages et je veille sur toi ma soeur, toi qui m’as fait sentir femme.

Nathan

J’me rappelle des promenades que l’on faisait souvent. Ma grande soeur, mes deux frères et moi, serrés à l’arrière de la vieille Renault 12 de mon père. À l’époque, la ceinture ce n’était pas très important comme la fumée des gitanes sans filtre que mon père fumait les vitres fermées. C’est comme si tout le monde était prédestiné à mourir du cancer des poumons. Presque collé à la vitre, mes expirations faisaient de la buée. C’était des moments de vie, mes moments vivants. Comme quand ma soeur me surprenait à essayer ses robes et qu’elle ne disait rien à nos parents. Peut-être qu’elle s’en fichait ou peut-être qu’elle savait qui j’étais vraiment. Ma soeur rigolait, c’était rare de la voir sourire alors nos moments à deux resteront certainement mes plus beaux souvenirs. À l’école on disait que j’étais maniéré et que je ne devais pas exister. Alors parfois pour oublier, je descendais en bas de chez moi pour m’installer dans la Renault. Je m’allongeais à l’arrière et je fixais le ciel, les nuages voulaient jouer avec moi jusqu’à ce que la tête de ma soeur apparaisse dans le ciel. C’était déjà l’heure du dîner. Trente-cinq années de dîner, parfois souvent seul. Je me trouve assis là sur cette chaise qui ne paye pas de mine, dans un appartement presque en ruine mais pas autant que mes yeux, qui ont trop pleurés. Savez-vous ce que devient un gamin préférant rêver sa vie plutôt que de vivre ses rêves ? Rien, il ne devient rien. Pour survivre, je travaille la nuit dans un club. Alors oui je me maquille mais les robes ne ressemblent pas à celles de ma soeur. C’était drôle de voir les changements d’humeur. Le soir on t’applaudit, le lendemain on te choisit un cercueil. Les insultes, les « sale pédé », étaient mon quotidien. Et je n’avais même pas de voiture pour regarder les nuages. Alors je me suis approché de la fenêtre, j’étais au cinquième étage et je m’disais que si je sautais les gens seraient satisfaits. Et quand j’ai vu le sol de plus près, j’ai pensé à ma soeur. À la seule personne qui m’a fait croire que je n’étais pas seul. Pour de vrai aujourd’hui je joue avec les nuages et je veille sur toi ma soeur, toi qui m’as fait sentir femme.

Guitariste

J’ai déposé mes ailes, mon âme et ma tête ne parlent qu’entre elles. Les longs discours ravivent la flamme éternelle, d’un amour, peut-être irréel. Je ne suis pas du genre à faire la cour, à être passionnelle. Je te regarderai jouer sur la route, à travers la fenêtre. T’écouter passer en boucle, ta musique qui m’émerveille. Je me tiendrai toujours à l’écart, je resterai silencieusement baudelairienne. J’écrirai des phrases qui me feront sentir essentielle, à tes yeux, à ton cœur et à ton être. Quelques « je t’aime » lancés au passage, comme des fleurs frappées en plein visage. Je serai celle qui gravira des montagnes. Pour toi, pour l’être, je caresserai les nuages. Dans un doux rêve, je me suis vue éternelle. Serait-ce qu’un mirage.. Reprend ta guitare et ta lumière. Laisse le son de ta voix résonner à mon oreille. Comme un vieux vinyle à moitié abîmé, je tournerai sans marcher. Sans toi, mon moteur, à tes pieds. Je suis tristement enivrée par l’odeur du cuir de tes souliers. S’éloignant de plus en plus loin de mes pensées. Tes pas ne reviendront jamais. Au revoir mon beau souvenir, adieu ma destinée.

Fardeau

Ma peau s’est détachée de mes os

Je me lève comme tous les matins

Accablée par l’absence de tes mots

Je me suis surprise à parler au silence

À écouter le chant des oiseaux

Qu’il est bon de vivre par intermittence

Accrochée au rythme de mon piano

Ma vie se perd dans la mer immense

Mes yeux ont été remplis d’eau

Je pose mes vers comme délivrance

En disant adieu à mon fardeau

Une colombe ne sera jamais touchée
Par les mots les gestes et les regrets
Dans ta bulle dorée tu t’en es allée
Les coups durs tu sais ce que c’est
Qu’importe les maux t’as ton armure
Toutes les balles rebondissent sur toi
T’as beau crier entre quatre murs
Personne n’entend les fous du roi

Je suis si petite dans ce monde délabré. Il pleut des morceaux de nous sur un sol tapissé d’assiettes éclatées. La beauté a perdu de son éclat, des bouts de verre à ses pieds. L’amour s’est défenestré, il gît au sol le regard pétrifié de faux-semblants, des « tu es folle » à croire que l’on choisit qui on est. J’attends toujours le retour qui ne viendra jamais. J’entends encore dire « chacun son tour » mais la roue dans son coin ricanait. Comme les oiseaux qui chantent le matin pour te faire croire que ce n’était rien. C’était juste la vie qui t’offrait son meilleur refrain. Des caresses, de la haine, des larmes et des sourires. Le beau tableau bipolaire de la joie de vivre.

Le couloir

Pourquoi les mots ne viennent que dans le noir ? À travers mon stylo, je me retrouve coincée dans ton regard. Je t’imagine grand et beau, assis tout seul dans un couloir. Tu te promènes dans mon cerveau, caché derrière le miroir. J’ai beau me dire que c’est fini, je vois toujours ton reflet dans mes larmes. Mais qui de nous deux est heureux ? J’aimerais bien le savoir. Je crois que je suis assise dans ce couloir. Je crois que comme toi, j’attends que quelqu’un vienne me raconter des histoires.

Bonjour vous !

Je souhaite vous remercier de prendre le temps de me lire, d’aimer et de commenter. Je ne suis pas très présente dans les réponses en commentaire. Il est difficile pour moi de dire autre chose qu’un simple merci parce que je suis tellement touchée que les mots ne viennent pas.

Clarke

Dans la terreur de mes insomnies s’est cachée la douleur de m’endormir. Rêver n’est pas une chose facile et encore moins lorsque l’on rêve assis. Je me suis projetée dans un vent gelé à croire que les choses ne viendront jamais. Oublier les comment des pourquoi. J’ai accepté la défaite avant le combat. Et je rêve assise en regardant tout en haut vers les étoiles. J’abandonne mon corps en nageant vers le silence d’un futur qui n’existe pas. Dans une brume qui glace chacun de mes pas. Je marche sur le bitume d’un trottoir rue des pensées aux éternels déboires. Sans agissement, aucun, des soupirs maladroits. Rêvant de refaire la vie en acceptant le passé. Se forger un avenir avec des morceaux cassés. Quelques goutes de larmes tapissent mon allée vers les nuages. Suis-je vaincue par les éraflures faites en voulant sortir de ma cage ? J’ai noirci je ne sais combien de pages. Dans ma chambre, dans le noir, les soirs après les moments de rage. J’ai accompagné ma douleur avec des verres remplis d’espoir. Je me suis allongée dans une marre de sang, mes yeux ont pleuré beaucoup trop tard. J’abandonne mon dernier souffle, je fais tomber les remparts. Je survole la route, c’est ici que commence mon histoire.